L’ Unité d’habitation est la première commande confiée à Le Corbusier par L’Etat français. Pour reloger les sinistrés des quartiers détruits de la ville, il met en œuvre un principe dont le développement remonte à l’ « immeuble villas » et aux redents de 1922. [...] Conçue comme une « cité-jardin verticale » opposée à la construction pavillonnaire, l’Unité est implantée sur quatre terrains différents avant de trouver sa place boulevard Michelet, dans les « beaux quartiers » de Marseille. Portée par d’épais pilotis contenant les réseaux de fluides, une ossature de béton armé, à image d’un « cassier », reçoit les « bouteilles » que constituent les 337 logements, dont la façade protégée par les brise-soleil est préfabriqué en éléments de béton. Traversant d’est en ouest, les logements sont desservis par les « rues en l’air » étudiées dès 1929 et situées tous les trois étages. L’une de ces rues, plus haute et lisible en façade par ses brise-soleil verticaux, reçoit des commences et un hôtel. Entre les collines et la mer, sur lesquelles ouvrent les loggias des appartements, le toit terrasse de l’Unité abrite une crèche et une salle de sport. […]Premier bâtiment dans lequel les mesures du « Modulor » étudié par le Corbusier depuis 1943 sont introduits, l’Unité est aussi un banc d’essai pour un mobilier simple et industrialisé.
Jean-Louis Cohen, Le Corbusier – 1887/1965 un lyrisme pour l’architecture de l’ère mécaniste, Paris, Taschen, 2004,p.57-60
© René Burri, Magnum Photos/Agentur Focus, Le Corbusier – 1887/1965 un lyrisme pour l’architecture de l’ère mécaniste, Paris, Taschen, 2004,p.60.