Les réenchantements de La Courneuve
Présentation

Ce site est un outil de recherche que notre équipe a pensé et est en train de nourrir jour par jour. Nous avons répondu, en 2005, à l’appel à propositions du Plan Urbanisme Construction Architecture (Ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables) « Renouveler et recomposer les quartiers » en proposant une recherche interdisciplinaire autour du site de 4000 sud de La Courneuve. On s’est vite rendu compte que le long de ces trente dernières années, La Courneuve a été le sujet d’une littérature prolifique : urbanistes, architectes, sociologues, anthropologues politistes ce sont tous plongés à des moments différents et sur des sujets spécifiques sur ce quartier moderniste surgi au début des années soixante. La littérature existante nous informait sur les différentes postures disciplinaires adoptées pour regarder, intervenir ou analyser les 4000 ou sur une histoire du site tissée à travers chaque regard, mais chacune d’entre-elles ne dialoguait jamais avec les autres. Ainsi nous nous sommes trouvés face à une histoire fragmentée, ou les ficelles n’ont jamais pu être liées entre elles, et où les différents acteurs ont, hier et aujourd’hui, l’impression de se comprendre en alimentant en revanche des malentendus causés, dans la majeure partie de cas, par cette impossibilité à partager une histoire commune. Cela est d’autant plus évident lors qu’on regarde les phénomènes de l’automne 2005 dans les banlieues parisiennes : « Pourquoi les habitats auraient-ils brûlé, détruit, « cassé » ce qu’on a construit pour eux » ? Personne ne sait encore à l’heure d’aujourd’hui répondre à cette question. Peut-être l’enjeu, au moins de notre point de vue, après un an de terrain au sein des 4000, réside dans ce que l’on entend par « pour eux ».

« Pour eux on travaille à la mémoire des barres avant de démolir », « Pour eux on reconstruit un centre commercial », « Pour eux on reconstruit le quartier », « Pour eux on refait la place », « Pour eux » « Pour eux » « Pour eux ». Mais, où réside une histoire commune de ces lieux ? Où réside un « Nous » qui aille au delà des groupes d’acteurs ? Est-ce qu’il existe ? Notre recherche qui se matérialise dans ce site Internet, se veut comme une tentative, un essai de récit collectif, une esquisse d’une histoire commune non consensuelle. Cependant nous ne prétendons à aucun moment de travailler sur la construction d’une mémoire collective des 4000 sud, nous savons très bien que cela serait un travail d’une autre nature qui relève plus d’un consensus et qui ne nous intéresse pas. Ce que nous sommes en train de faire, humblement comme des glaneurs, est de mettre ensemble, physiquement l’une à côté de l’autre, les pièces, les récits, qui composent ces histoires fragmentées du lieu afin de faire jaillir les malentendus, les paradoxes, les émergences et l’amour jamais exprimé aux autres vers ce site de la part de tous les acteurs.


Un discours controversé mais chorale

Ce que nous avons fait jusqu’à maintenant et que nous continuerons jusqu’à la fin de la recherche et (peut-être au-delà) est de mettre en résonance les paroles des différents interlocuteurs afin de constituer un discours « chorale », un Nous on dirait en anthropologie, qui à des moments a des voix, des pupitres, qui chantent seuls, plus fort, plus haut ou plus bas, par rapport à un certain passage, un événement précis, et, à d’autres moments, dans lesquels nous les ferons « chanter » ensemble.


Notre partis pris

Pour cela notre parti pris est de ne jamais mettre en ligne nos analyses (de type classique), mais les paroles des interlocuteurs qui sont prises en direct (dans des entretiens avec nous) ou dans la presse. Notre travail, que nous définissons déjà comme une forme d’analyse, est de choisir ces paroles et de les mettre les unes à côté des autres, sans rien ajouter de plus. Ce qui nous intéresse pour l’instant est ce qui se dégage de cette nouvelle représentation, le regard qu’on peut porter dessus, l’analyse que chacun peut en faire à partir de ce site.

Ce qui nous « habite » est cette attention et ce soin sur chaque parole dite, sur son emplacement à l’intérieur de cette histoire et sur le jeu d’échos qu’ensemble elles peuvent engendrer.


L’équipe

Alessia de Biase
Architecte et anthropologue, elle enseigne à l’ecole Nationale Superieure d’architecture de Paris Belleville et dirige le Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans ce projet elle est la responsable scientifique et assure la coordination et le croisement de tous les terrains.

Paola Berenstein-Jacques
Architecte et urbaniste. Enseigne à l’Universidade Federal de Bahia (Brésil), elle co-dirige le PPG-AU (UFBA), dirige la Cronologia do Urbanismo (UFBA-UFRJ) et est chercheur associé au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans cette recherche elle etudie l`échelle « hors contexte courneuvien » des debats théoriques.

Benoîte Decup-Pannier
Sociologue. Elle enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville et elle est chercheur au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans ce projet, elle étudie les manières d’habiter des résidents de la cité des 4000 Sud.

Olivier Feuillet
Chef de projet Internet et Webdesigner. Il a participé avec Ghaïta Tauche-Lüthi et l’équipe de recherche à la réalisation de ce site (conception du site et développement des modules Flash).

Valérie Foucher-Dufoix
Politiste et sociologue. Elle enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand et elle est chercheur au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans ce projet elle étudie les représentations sociales dans les médias et les discours des décideurs.

Alain Guez
Architecte et urbaniste. Il enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Malaquais ainsi qu’à la faculté d’architecture du Politecnico di Milano Il est chercheur au Laboratoire Architecture/Anthropologie et dans cette recherche, il analyse les projets et les discours des architectes et des urbanistes à travers la littérature et des entretiens.

Maria Anita Palumbo
Anthropologue et videaste. Elle mène un doctorat à l’EHESS sur l’evolution recente de quartiers populaires dans les grandes villes européennes. Elle enseigne l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville et est membre du Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans cette recherche elle mène une reflexion sur comment filmer le récit d’un projet.

Sandra Parvu
Architecte. Elle est enseignante à Genève, Lille et Paris et poursuit dans le cadre d’une thèse de doctorat une recherche sur les enjeux territoriaux dans les opérations de logements au cours des années soixante. Elle est chercheur associé au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans cette recherche elle mène une réflexion sur l’approche paysagère au site.

Cristina Rossi
Anthropologue. Elle enseigne à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville. Elle est chercheur au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans ce projet elle étudie la manière d’habiter et de se représenter l’espace public des 4000.

Monique Sanches Marques
Architecte, DEA en Urbanisme, Doctorante en Urbanisme à l’Université Fédéral de Bahia - PPG-AU/Brésil. Invitée du LAA (programme CAPES/COFECUB) 2007-2008. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.

Ghaïta Tauche-Lüthi
Webdesigner et graphiste indépendante. A conçue le projet graphique et ergonomique. Elle a travaillé avec les chercheurs pour trouver un moyen de rendre compte de leurs travaux d’une manière « multimédia » et accessible à tous.


Mais aussi...

Margarida Almeida de Oliveira
Etudiante erasmus a l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville. Elle étudie a l’Ecole d’Architecture de l’Université du Porto, Portugal. Elle est stagiaire au Laboratoire Architecture Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.

Marguerite Bonnin
Architecte, elle est stagiaire au Laboratoire Architecture/Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.

Maxence Huguenin Dezot
En master d’architecture. Elle étudie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville. Elle est stagiaire au Laboratoire Architecture/ Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.

Nancy Ottaviano
En master d’architecture. Elle étudie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville. Elle est stagiaire au Laboratoire Architecture/ Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve. Elle traite aussi l’histoire de la transformation du Centre commercial des 4000 et le récit des architectes qui sont intervenus sur le site successivement.

Clara Passaro Martins
Etudiante erasmus a l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris Belleville. Elle étudie a l’Ecole d’Architecture et Urbanisme de l’Université de Sao Paulo, Brésil. Elle est stagiaire au Laboratoire Architecture Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.

Helene Villain
En master d’architecture. Elle étudie à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Rouen. Elle est stagiaire au Laboratoire Architecture/ Anthropologie. Dans cette recherche elle étudie les « ailleurs » qui font débat : les autres projets de grands ensembles, qui, dans le monde entier, peuvent être mis en parallèle avec la cité des 4000 de la Courneuve.