Les bidonvilles suivent les règles du CIAM !
Extrait de livre
La planification urbaine et l’architecture constituent le cœur de l’étude. La section « études urbaines », qui se concentrait sur la forme d’ensemble du bidonville, conclut que Mahieddine suit des principes urbanistiques de grande qualité au regard de la topographie, de l’environnement, des espaces verts, de la proximité du travail, le commerce, les loisirs et les routes principales, se conformant ainsi d’une manière remarquable aux règles établies pour l’urbanisme moderne par les CIAM. […]
La seule personne qui ait parfois rappelé l’importance de ce travail fut Smounet […]. En soulignant l’impact du bidonville de Mahieddine sur sa carrière, il en profitait pour résumer les principaux thèmes de l’étude CIAM-Alger : « A mon grand étonnement, je découvrais un habitat spontané, ingénieux, économe de moyens. Des espaces maîtrisés, un respect de l’ancrage et de la végétation. Une vie de quartier organisée, une solidarité saisissante. Bien-sûr, la trame sanitaire restait nécessaire et urgente, mais la leçon d’espoir était là et la poésie sous-tendue interdisait de détruire le milieu sans discernement, sans une longue réflexion. Ainsi, cette formule à laquelle je crois toujours vint s’inscrire sur les panneaux présentés au congrès d’Aix « Ne rien détruire avant d’être sûr de proposer mieux »
Zeynep Celik, "Bidonvilles, CIAM et grands ensembles", in Jean-Louis Cohen, Nabila Oulebsir et Youssef Kanoun (sous la dir. de), Alger, paysage urbain et architecture 1800-2000, Paris : ed. de l’imprimerie, coll. Tranches de vies.