Démocratie de délégation ou de participation dans les projets urbains ?
Lettre du maire de La Courneuve au préfet, 26 septembre 1990.
« L’expérience des 4000 quartiers de La Courneuve, commission pour le développement social et urbain des quartiers des 4000 a montré qu’il était extrêmement difficile d’éviter une représentation formelle des instituions et qu’il était illusoire de vouloir leur substituer des professionnels échappant à leur contrôle (c’est la définition exacte de la technocratie). Ce pays s’est doté d’instituions démocratiques, c’est avant tout dans ce cadre et celui du partage de leurs compétences respectives qu’il doit résoudre ses problèmes en renforçant effectivement à la fois leur coopération, l’implication de leurs professionnels dans la vie quotidienne des quartiers et la concertation avec les habitants. Autant dire en fonctionnant normalement. Tout ce qui peut tendre vers une administration d’exception pour les quartiers dits dégradés procède en fait de leur marginalisation en poussant les instituions et leurs professionnels à se déresponsabiliser et va à l’encontre de l’objectif recherché qui est d’en faire des quartiers comme les autres. »
Lettre du maire de La Courneuve au préfet, 26 septembre 1990 citée in Jacquier (Claude), « Les 4000 et la situation à La Courneuve », in Assises Banlieues 89, Pour en finir avec les grands ensembles. 12 grands ensembles en question, 4-5 décembre, Bron, p. 52-57.