Décideurs | 1990 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Démocratie de délégation ou de participation dans les projets urbains ?
Assises Banlieues 89
 
« Au vue de la documentation communiquée par la commune et notamment les échanges de courrier avec les différents niveaux politiques, le dialogue confine au dialogue de sourds. Sur de nombreux projets les décisions prises par les ministères et les grandes administrations vont à l’encontre des intérêts communaux (Cf. La création d’un barreau d’autoroute entre les autoroutes A1 et A86 qui sabre le territoire communal, le refus de l’ouverture d’un centre international de l’Artisanat et de l’antiquité, le départ de certaines entreprises…). A l’évidence, en ces domaines, le partenariat et la contractualisation sur le projet urbain ne sont qu’une intention. Mais au sein de la commune elle-même et entre les différents partenaires dont les habitants, la question vaut aussi d’être posée. Le développement social urbain suppose, par nature, le dialogue entre les différents partenaires locaux et surtout avec les habitants. Sans incriminer l’attitude des élus de La Courneuve, les commentaires qu’ils font du fonctionnement de la commission locale pour le développement social urbain lancent un débat particulièrement intéressant. […] L’abstention aux élections dans ces quartiers, le fait qu’une grande partie de ces habitants n’ait pas le droit de vote parce qu’ils sont étrangers, le fait d’être chômeurs qui leur interdit toute possibilité d’avoir une place dans la société doit interroger ceux qui ont pour mission de conduire une stratégie de développement des quartiers. Ces stratégies […] relèvent d’autre chose que d’une légitimité élective […] En finir, avec les grands ensembles, c’est aussi faire accéder les habitants à la citoyenneté active. »
Jacquier (Claude), « Les 4000 et la situation à La Courneuve », in Assises Banlieues 89, Pour en finir avec les grands ensembles. 12 grands ensembles en question, 4-5 décembre, Bron, p. 52-57.