| Décideurs | 1984 |
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« Nous étions confrontés à deux problèmes : une ville qui n’a pas de centre, traversée par les voies routières et les voies de chemin de fer qui la morcellent et en même temps les problèmes du grand ensemble des ‘4000’, en particulier celui de la liaison du grand ensemble avec la ville […]
« Devant la démesure du travail demandé, il était décidé d’exclure du projet urbain les ‘4000 nord’ (1200 logements) qui posent d’ailleurs des problèmes moins complexes d’intégration à la ville. Par contre, étant donné la gravité de la coupure instaurée par l’autoroute A 86 dans la ville, il était demandé de répondre sur cette question et sur la reconstruction de la gare déplacée par l’autoroute. Le projet urbain s’étendait donc entre la mairie et le Fort de l’Est d’une part, entre la RN 186 et le tracé de la future autoroute A 86 d’autre part, sur un très vaste secteur de la ville (44 hectares environ). Il était tout d’abord demandé aux concurrents d’inscrire l’espace des 4000 dans la ville et dans ce secteur de la banlieue Nord tout en lui restituant sa perméabilité. A cet effet, étaient imposés certains tracés qui traversent la cité actuelle et trouvent leur raison hors d’elle en des points forts ou sur des axes majeurs de structuration de la ville ou de la banlieue : Fort de l’Est à Saint-Denis, centre-ville, route nationale 186, boulevard Pasteur, avenue du Maréchal Lyautey qui renvoie au parc de la Légion d’Honneur et à la Porte de Paris à Saint-Denis, gare d’Aubervilliers-La Courneuve, avenue du Général Leclerc. Pour rétablir la perméabilité des super-îlots du grand ensemble, il était exiger d’inclure dans le périmètre actuel des 4000 quinze mille mètres carrés d’ateliers, locaux artisanaux, bureaux répartis en petites unités pour rompre avec une mono-fonctionnalité qui exclut toute personne étrangère à la cité et appauvrit les échanges de ceux qui l’habitent. Il était demandé aux concurrents de réaliser un meilleur partage de l’espace qui aboutisse à une progression plus fine de l’espace public à l’espace privé du logement, à une hiérarchie plus fine des échelles urbaines : banlieue, ville, quartier, îlot. Il était demandé aux concurrents de structurer sur le boulevard Pasteur et autour d’une place de la gare reconstruite, un quartier de la gare qui réalise la suture de l’espace des 4000 et de celui du centre-ville. Il était enfin demandé d’implanter huit cents logements à construire dans le périmètre des 4000 et huit cents logements à construire hors de ce périmètre, soit un total de mille six cents logements reconstruits pour mille quatre cents logements démolis. Démolition totale des barres Ravel, Présov et Debussy ; démolition partielle des barres Renoir et Balzac étaient imposées aux concurrents. Sur l’îlot Hardy-Tortuaux qui se trouvera certainement libéré à long terme, il était demandé d’implanter quatre cents nouveaux logements et un jardin public d’environ un hectare. »