Décideurs | 2007 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Je n’avais pas la moindre idée des financements
Extrait d’un article, entretien avec Gilles Poux
 
« L’avantage de l’ANRU, c’est qu’elle nous a mis dans une réelle perspective avec des financements importants auxquels on peut s’accrocher. Nous ne sommes plus dans la démarche que nous avons trop souvent connue jusqu’à présent, où il faut renégocier tous les quinze jours. Cela ne veut pas dire que l’on ne discute pas les questions financières, mais nous sommes quand même au départ dans une relation où, sur la base d’un projet et de dynamiques sur les sept-huit-dix prochaines années, l’ANRU nous dit : on vous accompagne, on boucle les financements. De ce point de vue, cela donne un peu de sérénité quant à la manière d’aborder ces paris que nous faisons de transformer la ville. Quand nous avons commencé le projet sur lequel Paul Chemetov a été retenu pour le quartier de la Tour, lorsque j’ai annoncé la volonté de démolir le bâtiment Renoir et de créer les conditions d’une vraie alternative, je n’avais pas la moindre idée des financements que je pourrais mobiliser. Tandis que maintenant, nous avons le sentiment d’être dans une dynamique reconnue, acceptée, partagée. Je crois que l’ANRU a apporté la possibilité de parler des alternatives, d’entrevoir des réponses durables. Cela a au moins libéré intellectuellement des dynamiques urbaines. Il faut maintenant mener réellement les choses à leur terme, et ce n’est pas si simple, mais nous sommes dans une volonté de transformation. Nous maillons la ville, nous la structurons, nous faisons des équipements et nous créons les conditions d’une vraie appropriation – au sens positif du terme – des logements et de l’espace public par les habitants ».
Loubière (Antoine), Entretien avec Gilles Poux, « La Courneuve : la cité des 4000, une mémoire à réhabiliter », Urbanisme, Hors série n°30, février 2007.