Il n’est plus possible de vendre des petits pois à la Courneuve…
Extrait d’un article du bulletin municipal
« Le 13 décembre, le supermarché Lidl en était à son 42e jour de fermeture. […] Six semaines durant lesquelles les habitants du quartier ont dû se passer d’un commerce où ils se fournissaient. […] La direction de la société a fermé sa succursale courneuvienne, aussitôt après le cambriolage et les actes de vandalismes qui y avaient été perpétrés. Les responsables de Lidl estimèrent alors, […] qu’il n’était ‘plus possible de vendre des petits pois à la Courneuve’. Ils entendaient réagir ainsi contre la recrudescence de la délinquance.
Ils demandaient également une meilleure protection du secteur par les policiers. Ce que ceux-ci étaient prêts à accepter, à la condition que les responsables de la chaîne commerciale n’utilisent plus les maîtres-chiens en poste devant la succursale de la Courneuve. […] Le maire, James Marson, s’était rendu à la préfecture un mois auparavant, avec une délégation composée de dirigeants de Lidl, de commerçants, du président de l’Office HLM, et du commissaire de police, Jean-Pierre Rousseau. Ils y ont demandé des policiers en nombre suffisant, en particulier des îlotiers. La préfecture assura alors que le commissariat verrait bientôt grossir ses effectifs. Dès le 12 novembre, la brigade anti-criminalité, officiant aux 4000, passait de sept à quatorze policiers.
Pour Pascal Maillard (directeur régional des ventes de Lidl), les diverses réponses apportées ne semblent pourtant pas satisfaisantes : ‘je veux avoir, noir sur blanc, des garanties d’exploitation, pouvoir ouvrir sans être agressé ni insulté’.
« Une ouverture attendue », Regards, n°60, janvier 1992, p.9.