Mais où est donc la police ?
Extrait d’un article du bulletin municipal
« Durant l’été, un certain nombre d’actes de violence gratuite ont été perpétrés au sein du grand ensemble : saccages de voitures particulières, bris de vitrines de commerçants, mise à sac de locaux municipaux, tentatives d’incendies. Autant d’incidents regrettables qui ont provoqué chez les habitants une vive et justifiée émotion. Le dernier en date, l’incendie de la synagogue, le 19 juillet, qui, sans la prompte intervention des pompiers aurait pu provoquer d’importants dégâts.
Si ces opérations de vandalisme sont à tout point de vue condamnables, elles ne doivent pas pour autant être vécues comme une série d’événements fatalement inévitables. Les trop nombreuses dégradations intervenues dans les quartiers de la cité ne sont que l’expression de conditions de vie très difficiles. Confrontés au chômage, à la précarité de l’emploi, à l’échec scolaire, à l’anonymat, les jeunes de la cité sont des proies toutes désignées pour les dealers (revendeurs de drogue) et autres trafiquants. (…)
Suite aux incidents survenus dans les quartiers Balzac et Verlaine le 24 juin dernier, déclarait le maire, j’ai aussitôt envoyé une lettre à la population et j’ai pris contact avec le commissaire de police de La Courneuve afin de lui demander d’étudier rapidement la possibilité d’installer des îlotiers en nombre suffisant et en permanence dans la cité, y compris les week-end et la nuit. (…)
En effet, concernant les effectifs de police, il faut savoir, précisait le maire, que le commissariat de La Courneuve manque actuellement de 19 policiers, résultat de la compression des effectifs au fil des derniers mois. Une situation préoccupante quand on sait l’importance du travail d’îlotage dans la lutte contre ce climat d’insécurité, fait de vols et de délits mineurs, qui empoisonne la vie de tous les jours. (…)
En matière de sécurité, la prévention est une exigence importante et quotidienne, mais elle ne suffit pas. Il faut impérativement que l’Etat assume ses responsabilités, à commencer par celles de police, police préventive avec l’îlotage, police répressive contre les délinquants. »
Claude Garders, « Mais où est la police ? », Regards, septembre 1991, p. 9-10.