Décideurs | 1991 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Politique du logement en 1991
Extrait d’un article du bulletin municipal
 
« Jeudi 23 mai, la population était conviée à débattre sur deux grandes questions : le logement et le RER. […] La Courneuve dénombre un important patrimoine de logements sociaux (7 144) qui a permis à des milliers de familles de se loger dans de bonnes conditions. La constitution de ce patrimoine a également permis d’agir positivement sur la politique foncière générale. Aujourd’hui, tous secteurs confondus, se loger coût de plus en plus cher. Une situation qui accule les familles à de graves difficultés. Les dettes de loyers s’accumulent pour les locataires, tandis que les accédants à la propriété s’endettent exagérément dans des prêts lourds et de longue durée. […] Avec une moyenne de revenus de 75 francs par jour et par personne, ils n’en ont, dans leur grands majorité, pas les moyens. […] Ainsi, chaque année, plus de 1 000 demandeurs, pour un échange ou une attribution, sont en instance et 500 demandes ne peuvent être satisfaites. […] La nécessité de renforcer le secteur de la construction sociale est urgente. Pour mieux ajuster l’offre à la demande des jeunes et des familles qui souhaitent rester Courneuviens, il faut obtenir le financement de 500 logements sociaux complémentaires sur les terrains déjà disponibles, la réduction des taux des emprunts accordés aux organismes HLM et des taxes qu’ils acquittent (l’OPHLM doit régler près de 4 milliards de centimes de TVA), les moyens de terminer dans des conditions acceptables par les locataires la réhabilitation des 3 780 logements du grand ensemble et d’entamer d’autres opérations de ce type. […] Coté public, les langues n’ont guère eu de mal à se délier. Le logement est le point noir des familles et des jeunes. Les gens veulent volontiers le faire savoir. Pour cet habitant de Presov, ‘la réhabilitation était nécessaire mais ne devrait-on pas profiter de la récente signature de la convention Développement social des quartiers (DSQ) pour entreprendre une vaste campagne de formation, d’éducation des gens. Si on ne parvient pas à responsabiliser les locataires, je crains que les dégradations ne se poursuivent une fois le travail réalisé’. Pour d’autres, la réhabilitation a changé profondément leur vie. Ainsi, ces riveraines de Joliot-Curie qui témoignent de l’embellissement de leur environnement. ‘J’ai envie de dire, lance la première intervenante, que mon quartier est devenu agréable à vivre et que les gens ont pris conscience que chez eux c’est un lieu joli.’ La seconde, résidente d’un appartement pour handicapé, est ‘heureuse. Depuis que j’ai fait des plantations dans mon nouveau jardin, les voisins ne jettent plus les ordures dedans.’ […] Enfin, on a pu également enregistrer des interventions de personnes soucieuses de voir la Courneuve développer, parallèlement au logement social, des opérations d’accession à la propriété à destination des couches moyennes , ‘pour un meilleur brassage des gens’. Selon ce jeune homme, ‘si on veut quitter le secteur HLM, souvent il n’y a pas d’autres solutions que de quitter la Courneuve.’ » Répondant à l’ensemble des questions, le maire réaffirme que ‘le logement HLM étant un logement de qualité, surtout depuis une dizaine d’années, il répond aux besoins de couches très larges de la population. Le logement HLM peut rassembler tout le monde à une époque où on cherche à opposer les gens les uns aux autres. Je crois que ce logement bénéficie à tous. A ceux qui y habitent bien sûr mais aussi aux autres car le logement social a permis une régulation du marché. Grâce à lui, la Courneuve a pu atténuer les effets catastrophiques des lois Barre et Méhaignerie. Je crois qu’une des grandes réussites de la municipalité est d’avoir pu freiner considérablement la spéculation immobilière. Cela dit, je tiens à souligner qu’il n’existe à la Courneuve aucune hostilité vis-à-vis des logements en accession à la propriété. »
Dominique Roger, « Du nouveau au conseil municipal », Regards, juin 1991, p. 12-16.