Non au grand Paris
Extrait d’un article dans le journal Municipal
James Marson : « Dans la perspective du marché unique européen de 1992 des projets pour l’aménagement du territoire ont été avancés et parmi eux celui du ‘Grand Paris’. Il s’agit de flatter les gens pour livrer plus aisément la banlieue à la spéculation et faire de Paris et de sa région une place financière et un haut lieu du tourisme de luxe.
Invoquant le fait que le terrain se vend deux fois plus cher à Tokyo et à New York qu’à Paris, spéculateurs et affairistes veulent faire grimper les prix.
Ils doivent pour cela chasser la population de Paris et de sa banlieue qui constitue un obstacle et ne pourrait faire face à des loyers exorbitant.
Il y a une vingtaine d’années, Paris a expulsé vers la proche banlieue les ouvriers. A cette époque ont été construits les « 4000 » logements à La Courneuve. Aujourd’hui le projet prévoit de vider davantage Paris de sa population, y compris des gens aux revenus moyens, et d’entraîner les salariés à résider de plus en plus loin du centre de la capitale. Les usines ferment, les petits ateliers sont expulsés de Paris et leurs emplacements livrés aux spéculateurs.
Ces projets avancés par une commission présidée par Olivier Guichard sont défendus par Jacques Chirac, maire de Paris, Michel Giraud, président du Conseil régional d’Ile-de-France. Mais les populations de la banlieue avec les maires communistes ne sont pas décidées à se laisser faire.
Roland Castro, conseiller de François Mitterrand, arrive au secours de la droite et déclare : ‘ le bon territoire pour l’aménagement de la capitale et de sa banlieue c’est à notre avis l’ancien département de la Seine…Voilà le territoire du futur ‘Grand Paris’, d’une capitale à l’échelle européenne.’ Les 90 communes de la banlieue devraient en matière d’urbanisme (logements, aménagements, équipements) abandonner leur pouvoir au profit d’un super-maire qui vous l’avez deviné serait Chirac. […]
Le Grand Paris, s’il voyait le jour ne permettrait certes pas aux courneuviens de rajouter le nom de Paris sur leur adresse. Il les obligerait à s’expatrier bien loin de la capitale, à passer des heures chaque jour dans les transports pour se rendre de leur domicile à leur travail. »
Marson (James), « Non au Grand Paris », Regards, n°24, mai 1988, p. 5.