Nommer les lieux. Les 4000 n’existe plus !
Extrait d’un éditorial du journal municipal
« Cette affirmation peut vous sembler exagérée et pourtant, si l’on mesure bien que l’existence des ‘4000’ tient essentiellement au fait qu’un ensemble de quartiers de La Courneuve dépendait entièrement d’une autre ville, en l’occurrence Paris, eh bien oui, dans ces conditions, le transfert des ‘4000’ à l’O.p.h.l.m. de la ville de La Courneuve fait ‘disparaître’ les ‘4000 logements ‘.
Ils deviennent des quartiers comme les autres : Paul-Verlaine, Georges-Braque…où l’intervention de la ville pour la voierie, les espaces verts, le fleurissement, l’éclairage public, la propreté, la politique du logement, sera le même que dans le restant de La Courneuve. […]
C’est un évènement considérable qui je crois n’a pas de précédent. Il est l’aboutissement de 15 années de luttes des habitants, des associations et des élus. C’est en 1970 que, pour la première fois, la question du transfert a été avancée et en 1976 la demande de réhabilitation de la cité.
Pour arriver à un accord acceptable l’engagement du gouvernement et du président de la République ont été décisifs.
Aujourd’hui, c’est un nouveau départ offert à ces quartiers.
La remontée sera difficile, nous n’avons aucune illusion à ce sujet.
La rénovation ne fait que commencer, elle a besoin de moyens importants qui ne lui sont pas encore acquis, mais elle va y trouver un nouveau souffle.
Qui se refuserait à saisir cette nouvelle chance, et cela ne concerne pas seulement la municipalité ou les habitants de ces quartiers, mais toute la ville.
Toute la ville a intérêt à ce que l’on retrouve des conditions décentes, humaines, d’existence, de cadre de vie, et de logement.
Et alors vraiment, les ‘4000’ n’existeront pas. »
James Marson, « Les 4000 n’existent plus ! », La Courneuve, n°61, avril 1984, p. 1.