| Décideurs | 1980 |
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« Avec le vote massif des habitants des ‘4000’, à l’appel de la Confédération Nationale du Logement, décembre 1980 restera à coup sûr comme un mois historique pour le grand ensemble, mais il marque aussi une étape décisive dans la lutte de tous les courneuviens pour obtenir le droit de se loger dignement dans la commune de leur choix.
La fièvre des soirs électoraux régnait samedi 20 décembre pour la proclamation des résultats du vote organisé dans le grand ensemble par les amicales de locataires adhérentes à la C.N.L.
Le oui de la dignité
Le résultat est sans appel : 2000 familles (environ 3000 en situation de voter), 60% des locataires ont mis le bulletin oui dans l’urne. Un oui qui veut dire : nous ne payerons pas notre loyer de décembre parce que nous voulons :
la diminution de la charge logement, trop élevée par rapport aux ressources des familles et en regard de l’état de la cité.
que la rénovation de la cité qui est à l’étude, se fasse rapidement dans des conditions de financement qui ne soient pas supportées par les habitants du grand ensemble,
le renforcement des mesures de surveillance pour assurer la sécurité des biens et des personnes.
Un bon choix pour toute la ville Dès le début de cette consultation, la municipalité, le Sénateur-maire, le député Jack Ralite, ont apporté leur soutien actif à la C.N.L. et sur le terrain les élus ont assuré le contrôle du déroulement du vote. Aujourd’hui, la municipalité se réjouit du résultat du scrutin. Ce ‘Oui de la dignité’ est le bon choix pour les ‘4000’ mais il l’est aussi pour tous les courneuviens. Ce vote est un acquis important dans la lutte de toute la population pour le droit de se loger dignement dans la commune de son choix. […] Aux ‘4000’, c’est l’OPHLM de la ville de Paris qui laisse se dégrader à un point insupportable, la cité. Mais dans un même temps, le gouvernement asphyxie notre OPHLM il empêche le financement des travaux de rénovation et d’entretien, il bloque toute perspective de nouvelles constructions alors que 1400 demandes de logements sont enregistrées. […] C’est une seule et même politique qui vise à chasser les travailleurs de leur commune, qui transforme nos cités populaires en ghettos. […]
Pour la rénovation
Fort de ce succès, aujourd’hui plus que jamais la rénovation du grand ensemble est à l’ordre du jour. Le conseil municipal de La Courneuve, parmi les hypothèses envisagées pour cette rénovation, a retenu celle qui aboutit à une transformation importante du grand ensemble :
la démolition d’une partie des immeubles,
leur reconstruction sur place et dans la ville,
la réhabilitation de ceux qui subsisteront.
Les innovations architecturales et urbaines qui résulteraient de ces travaux modifieraient profondément l’aspect de la cité. Reliée à la ville par des voies nouvelles, elle cesserait d’être fermée, repliée sur elle-même pour devenir simplement des quartiers de la commune comme les autres. Il s’agit de projets ; ils seront soumis dans un proche avenir à votre approbation.
Poursuivre la lutte A l’étape actuelle, les locataires des ‘4000’ sont à l’offensive, debout. Les fameux ‘4000’ tant dépeints par la presse, relèvent le défi, les menaces et le cynisme de Tibéri, président de l’OPHLM de la ville de Paris, ne les feront certainement pas céder. Ils n’ont que du mépris et de la colère contre ceux qui les font vivre dans de telles conditions. La municipalité demande aux locataires de poursuivre collectivement leur action avec la CNL et sous toutes les formes adaptées ; unis et décidés. Ils feront céder l’OPHLM de la ville de Paris. Les élus appellent la population de toute la ville à être à leurs côtés, leur combat pour le droit de se loger dignement est le notre. Tout succès pour les ‘4000’ sera un succès pour l’ensemble de la population des autres quartiers. »