| Décideurs | 1975 |
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M. Bernard, Conseiller municipal écrit au préfet du département :
« Comme vous n’êtes pas sans le savoir, les nombreuses menaces d’expulsion engagées par l’OPHLMVP à l’encontre des locataires des 4000 logements doivent être mises à exécution dès le 16 mars prochain. Les expulsions revêtent toujours un caractère particulièrement dramatique dans ce secteur de la ville où les conditions de vis sont difficiles et où les problèmes les plus divers apparaissent. Des enquêtes effectuées au domicile des personnes ainsi menacées il ressort toujours que le bas salaire du chef de famille allié souvent à la maladie est à l’origine des difficultés rencontrées. Ainsi pour M et Mme D… rue Honoré-de-Balzac, ayant six enfants en bas âge, le salaire mensuel du chef de famille n’atteint que 1700 francs ; de plus, un arrêt pour cause de maladie d’une année, a considérablement déséquilibré un budget déjà bien modeste. La famille F… qui a aussi six jeunes enfants ne dispose pour vivre à huit personnes que du salaire de M. F. soit 1900 francs et des allocations familiales ; les intéressés résident également rue Honoré-de-Balzac. M. R. habitant place Georges Braque a eu dix enfants ; il a encore au foyer quatre enfants qu’il élève avec sa compagne. M. R. a eu une longue période de maladie et il est maintenant au chômage ; son amie Mme D ne trouve pas d’emploi. Pour toute ressource, cette famille ne dispose que du salaire de l’une des jeunes filles et des allocations familiales pour le dernier enfant soit 1160 francs. Enfin, M. et Mme L … demeurant 3 rue Maurice Ravel se sont présentés à nous et nous ont fait part de leurs craintes de se retrouver avec leurs quatre enfants, à la rue. […] Je vous demande M. Le Préfet, de bien vouloir prendre tous ces cas en considération et de faire en sorte que ces familles dont la plupart ont déjà été saisies de leurs meubles, ne soient pas expulsées du Grand Ensemble avant que leur relogement en Cité promotionnelle ne soit prévu. Par ailleurs, je tenais à souligner que ces personnes interrogées à ce propos, s’opposent formellement à ce que leurs enfants soient pris en charge par des services spécialisés et tiennent à tout prix, à les gardes près d’eux quelles qu’en soient les circonstances. L’émotion de la population de la cité des 4000 grandit à l’annonce de ces expulsions et nous les partageons. [….] »