Décideurs | 1963 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Le ministre de la construction mis en face de ses responsabilités
Extrait d’un article d’un journal municipal
 
« Le ministre de la Construction mis en face de ses responsabilités. Monsieur Maziol, ministre de la Construction ne s’attendait sans doute pas à l’accueil qui lui fut réservé vendredi dernier vers 14 heures. Quand il vint inaugurer l’ensemble des 4000 logements. Groupés derrière leurs banderoles revendicatives, les travailleurs des Grands Travaux de l’Est (entreprise qui effectue la construction de ces immeubles) avaient débrayé à l’appel de leur section syndicale CGT. Une délégation de ménagère, habitant dans la cité était elle aussi venue sur place à l’appel du comité UFF. Des locataires se trouvaient aussi sur les lieux. La cellule communiste Paul Eluard des 4000 logements avait distribué quelques jours avant un journal annonçant la venue du ministre. Au total, environ 500 personnes attendaient M. Maziol. Entouré des officiels (représentants des grosses entreprises de construction, du patronat local, de la direction générale des HLM, etc.) celui-ci entreprit la visite de la cité escorté par la population et les travailleurs scandant leurs mots d’ordre : ‘des écoles pas de canons’ ‘des sous pas de canons’ Cela sous le regard approbateur et amusé des locataires restés à leurs fenêtres (beaucoup d’ailleurs devaient se joindre au cortège). Ce fut en vérité un beau spectacle que celui d’un ministre gaulliste mis en face de ses responsabilités. Les travailleurs du bâtiment et la population lui ont montré clairement leur désaccord avec la politique du gouvernement. Sans doute l’a-t-il compris car il n’a pas voulu recevoir aucune des délégations venues lui présenter leurs revendications ».
« Inauguration mouvementée des 4000 logements », Journal d’Aubervilliers, décembre 1963, p. 6.