La résidentialisation
Extrait d’entretien
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
Il y avait aussi dans les propositions l’idée par exemple de la résidentialisation, c’est vrai que je n’avais pas utilisé le terme à l’époque mais c’est quand même…j’avais dit redéfinir le parcellaire, procéder à un nouveau découpage, redéfinir le statut du sol et effectivement la question de la clôture est posée très tôt ; il y a beaucoup de gens qui s’opposent à ça, mais résidentialiser ça veut dire définir autour de chaque bâtiment une surface d’appartenance et le matérialiser aussi par des…sur la dalle d’Argenteuil, que j’ai visité récemment, avec Santeli , qui suit depuis 15 ans ce travail un peu comme Bernard Barre mais avec plus de modestie et beaucoup de gentillesse, et qui a fait limiter justement la dalle d’Argenteuil, et tous les logements ont été entourés de murs avec des grilles, des portes d’entrées et du coup ça fait des petits cheminements au milieu des barres. Ce n’était pas du tout inclus dans les propositions de cette époque, mais disons, clore très abondamment, il y a une nécessité de retrouver l’espace de la clôture. Parce que l’espace de la clôture c’est aussi un espace de la sécurité, quelque part.
Parce qu’il y avait ce jeu aussi quand même, je voyais les gens jeter par les fenêtres, alors ça c’est aussi une question de mentalité…mais à partir du moment où …c’étais très ambigu parce que jeter c’est un peu…si on jette il y a le risque que quelqu’un passe en dessous donc ça c’était un peu un jeux. Mais si on clôt il y le risque inverse, c’est-à-dire que on jette par les fenêtres parce qu’on considère que c’est un espace arrière dans la propriété. Mais le problème, il existe, il est toujours présent. En tout cas la résidentialisation – et ça c’etait très présent aussi à l’époque – l’image de référence pour les gens qui habitaient les grands ensembles c’était la résidence privée, « on habite dans la résidence privée et donc », « nous qui sommes dans l’HLM, faites nous la même chose, donnez nous au moins les attributs de la résidence » ; et l’attribut de la résidence c’est effectivement la clôture.
Quand c’est bien fait c’est très efficace et très positif.