Architectes et urbanistes | 1983 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Négociation de la dévolution
Extrait d’entretien
 
Bernard Barre, responsable service Urbanisme de La Courneuve de 1974 à 2005
A partir de 2005 : Plaine Commune, département développement urbain et social secteur « La Courneuve »

Si les opérations budozers étaient finies il y avait toujours la politique de préemption de la Ville de Paris qui achetaient 15 logements pour en faire 7, donc on envoyait les gens qu’on ne pouvait pas reloger à La Courneuve. La Courneuve avait une fonction, ça marchait, ça pouvait passer en pertes et profits, d’ailleurs, la négociation sur la démolition de ce patrimoine, ils étaient d’accord pour que la Ville de La Courneuve prenne la responsabilité des 4000. Pendant la négociation ils ne voulaient pas nous donner les éléments de gestion, mais moi je suis persuadé qu’ils n’y en avait pas. Ils ne géraient pas, ils s’en foutaient, ce n’était pas la peine de perdre du fric à ça.

Donc on s’est retrouvés avec ce patrimoine, et puis en plus les techniciens se sont fait virer, il y avait Tonton qui rentrait un peu dans la négociation, ça se négociait à Paris, il y avait l’histoire des jeux olympiques, et puis une exposition universelles, et puis il négociait avec Chirac, il y avait des enjeux, et le maire nous a tous virés les administratifs et il se retrouvait tout seul avec les politiques, en face de Tibéri, qui alignait son directeur financier, son directeur machin, et puis ils ont promis une dotation de 15 millions à l’époque. La Ville de Paris partait avec le bénéfice du contentieux sur les malfaçons si jamais il se résolvait. avec les dépôts de garantie des locataires, donc voilà on s’est fait avoir quoi, parce que la Ville de La Courneuve avait un office HLM qu’elle gérait en bon père de famille sur le coin de la table, famille restreinte, il y avait 1100 logements, on se retrouve avec 4000 logements en crise sur le palto. Avec des intentions, rééquilibrage social des quartiers, ça c’était un des objectifs de la commission nationale au départ. Moi je disais qu’il vallait mieux avoir des vacants que des impayés parce que ça permettait d’amorcer la pompe pour le projet et de renouveler vraiment les choses. On a essayé de maîtriser les attributions pour enrayer les processus de ségrégation très importants qui étaient à l’eouvre. Il y avait 450 logements vacants en 83 quand on a négocié avec la Ville de Paris. Puis quand on a repris les 4000 en 84 il y avait 800 logements vacants, avec 20 0000 000 de francs de déficit par an, entre les logements vacants et les impayés donc qu’est-ce-q’on fait, donc du coup on a commencé à reremplir, et puis on faisait mieux que la Ville de Paris. Mais cette situation était ingérable, on s’est fait avoir, mais complètement, c’était la naïveté un peu voulue, mais parce que 20 millions de déficit par an, ça fait, 20, 40, 60, 80 et puis on arrivait comme ça à 320, 340 millions de déficit comme ça à un moment donné, c’est ingérable quoi, on explose en vol. la ville s’est retrouvée toute seule, l’office disait : nous on peut rien allez voir la ville, mais oui, mais, et puis l’office s’est mis dans une mentalité d’assisté, à chaque fois qu’il y avait un truc, il venait présenter la facture à la ville, donc ça a été très pervers comme truc. Et puis il y avait plus de rapport de force possible, entre qui et qui ? entre la ville et la ville ?