Vision urbaine contre trames proliférantes
Extrait d’entretien
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
Un des éléments importants du concours c’est que dans les membres du jury du concours, il y avait un personnage influent, c’est Jean-Pierre Lefebvre qui dirigeait la Sodedat 93, la Société d’aménagement du Département, et qui je dois dire, nous détestait particulièrement parce qu’on arrivait avec des théories urbaines qui étaient totalement opposées à celles de l’école communiste et de la Sodedat 93 et donc alors là, les théories urbaines et une vision urbaine des choses totalement opposées. Il est vrai que dans les municipalités communistes pendant très longtemps il y a eu ce soutien à une certaine idée de l’habitat qui était fait sur des trames proliférantes avec une tradition qui était peut-être un peu issue des idées de Team 10 et donc Jean Renaudie ; en gros donc la Sodedat soutenait l’école de Jean Renaudie et notamment ses élèves et collaborateurs, donc l’équipe de Lopez et Marcucci et qui dans leur projet – il faudrait que je vous montre l’image – consistait à faire une tabula rasa complète au sol et faire des espèces de pyramides de logements très informelles sans véritables rues ; l’idée c’était une espèce de tissu urbain assez informe avec des géométries compliquées. Ca, c’était les candidats officiels qui étaient véritablement soutenus par Jean-Pierre Lefebvre et donc ils ont construit dans diverses communes de la banlieue ces logements qui étaient complètement à l’opposé des théories urbaines du retour d’une certaine vision de l’urbain qui arrive à cette époque et dont on partageait plutôt…parmi les concurrents on était beaucoup plus proche d’autres … Jaques Barda et Pierre Granveaud un peu sur la même ligne d’une vision de retour à une conception urbaine plus traditionnelle.
Il y a eu donc consensus parmi les membres du jury …Parmi les architectes il y a Philippe Panerai avec lequel on a partagé pas mal et il y avait Marc Emery qui était directeur de “L’architecture d’Aujourd’hui” et Roland Simounet comme personnalité importante. D’autres pourraient dévoiler les avis des membres du jury mais, bref c’était essentiellement quand même le… disons la réponse urbaine qu’on a faite elle était quand même … et ça a été souvent dit, c’est elle qui répondait de la manière la plus conforme au cahier des charges de Bernard Barre et du concours.