Architectes et urbanistes | 1983 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
En 1983, La Courneuve est la seule ville candidate à la dévolution
Extrait d’entretien
 
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
Mais donc l’acte politique très important aussi … c’est l’acte dit de la dévolution en 1983 : comme ce grand ensemble est un parmi d’autres que possédait la Ville de Paris en banlieue notamment pour y loger les gens qu’elle expulsait. En ‘83 La Courneuve est la seule ville candidate ! Je pense qu’il y a un peu l’orgueil de la municipalité à l’époque, de récupérer ce parc immobilier, devenir maître à la fois du territoire et des habitants-électeurs ; j’ai retrouvé en relisant les documents, par exemple que l’adjointe au Maire – qui s’appelait Mme Lajoinie – se plaignait que sur 4000 logements seulement 63 soient attribués par la ville, le reste étant à la disponibilité essentiellement de la Ville de Paris, de l’Etat et d’autres bailleurs. Donc je pense que la Ville de la Courneuve financièrement ne s’en est jamais remise. Simplement, en acceptant ça pour un franc symbolique elle n’a pas vu les frais considérables que ça pouvait générer pour elle. La Ville ne s’est jamais remise financièrement, la dérive sociale on n’a pas pu finalement la stopper …. A ce propos on pourrait aussi parler du coût exorbitant… Par exemple ça serait intéressant, je trouve, de voir quel a été le coût global des multiples opérations de réhabilitation depuis l’année de dévolution – parce que avant la Ville de Paris ne faisait strictement rien. Quand on est arrivé entre la période de la construction et 1983 il n’y avait même pas de travaux d’entretiens. Je pense que ce dont la ville ne s’était pas rendu compte c’est qu’il y avait non seulement le bâti très dégradé à réhabiliter, à rénover, ou à démolir courageusement, mais il y avait aussi toute une population à prendre en compte.