Récit d’un projet urbain
Extrait d’entretien
Serge et Lipa Goldstein, architectes
Invités au concours de 1982 et maîtres d’œuvre de différentes opérations sur les 4000
On aurait eu tout d’un coup la surprise d’avoir une barre comme à Paris. Je sais pas dans certains quartiers tout d’un coup on passe d’un tissus totalement traditionnel et tout d’un coup on a un immeuble. Donc c’est un petit peu ce qu’on voulait refaire à travers ce concours, donc c’était… déjà une idée du parcellaire … peut être que ça fait figurer les intentions que l’on a aujourd’hui de résidentialisation, de faire des petites unités, des petites unités résidentielles… etc. C’était une… Enfin bon, c’était assez simple, ça nous paraissait assez évident à l’époque. De… de dire mais si on veut faire une ville…
SG : retrouvons la banlieue
Retrouvons la banlieue avec son chaos, son désordre et peut être essayons d’y ajouter une qualité architecturale et ça c’était peut être un support pour dire que plusieurs architectes peuvent travailler côte à côte, peut être, sans forcément avoir de règle urbaine très stricte et… voilà on… on recréait un tissu.
Une hétérogénéité… humaine peut être bien, … une mixité, une particularité, une richesse qui était un peu gommée avec les grands ensembles… on avait juste des espaces ouverts à tout le monde… c’était un peu revenir… revenir en arrière
Ben c’est-à-dire en créant … en créant un espace public clair et identifiable une rue, un trottoir et le long de cette rue et de ce trottoir faisons des parcelles et à l’intérieur de ces parcelles faisons des…
Faisons habiter les gens non pas sur un bâtiment avec 300 logements mais mettons 20 logements…
30 logements… et pourquoi pas passer sous un immeuble et au fond de la parcelle il peut y avoir peut être une petite maison… et peut être que c’est entre des murs… c’est pas comme dans le grand ensemble où on voit tout Paris, ce qui est aussi une qualité, mais là c’est aussi, c’est peut être un petit peu comme à Paris… dans une parcelle il y a un mur, il y a des pignons, tous les murs ne sont pas forcement percés de fenêtre, il y a peut être des moments de silence… finalement on s’aperçoit qu’a Paris on peut très bien vivre à côté d’un mur qui fait six étages, qui n’a aucune fenêtre et finalement on se sent très bien… justement parce qu’il n’y a aucune fenêtre…
et cet espèce de…d’accolement, de… contigüité comme ça entre des habitations, donc c’était un ghetto comme ca… avec une particularité qu’on peut définir… au contraire c’était mêler justement, intégrer à la ville et donc euh… quelque chose qu’on peut moins designer comme… entre guillemet…