Les 4000 vont disparaître
Extrait d’entretien
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
En fait, l’idée initiale c’est essentiellement la conjonction de la volonté municipale, la volonté du Maire et l’action tout à fait essentielle de Bernard Barre qui est un collègue avec lequel j’ai fait mes études à l’atelier collégial et c’est quelqu’un qui a choisi de ne pas construire, mais malgré tout vous avez ici dans ce document (il le montre), le document de base donné aux concurrents, la vision urbaine de Bernard Barre : donc c’est vraiment une redéfinition urbaine, ça veut dire que le concours portait très très largement au-delà des 4000 Sud, puisque le plan qui était fourni et le périmètre à projeter dans le détail, allait du Fort de l’Est jusqu’à la Mairie ! Il indiquait très clairement la volonté de relier, de transformer, de faire disparaître les 4000, même le nom des 4000 – aujourd’hui vous parlez encore des 4000 ! et d’ailleurs ces 4000 n’existent plus en tant que 4000 logements, il y en a peut-être 2000 aujourd’hui.
Mais le Maire à la fin de la conférence de presse dit “le mot, les 4000 vont disparaître, ils vont être réintégrés à la ville” et Bernard Barre dessine un certain nombre d’îlots, un peu comme dans la ville ancienne, avec des rues, un alignement et des îlots, grisés. Donc le concours était très vaste puisqu’il dépassait les limites périmétrales du grand ensemble lui même, il incluait le retraitement de la gare lié aussi au passage de la nouvelle autoroute A86 et puis la liaison entre la Mairie et sa place à travers une usine qui devait être détruite et donc faire l’objet de nouvelles opérations urbaines. Un des concours les plus ambitieux de l’époque ne serait-ce qu’au niveau du détail de dessin demandé.
Le programme était relativement défini – ce n’était pas un concours d’idées – mais il y avait une marge de manœuvre très faible finalement par rapport au programme que c’était donné la municipalité.
Le choix de la Ville c’était de dire : on va faire 1 tiers de travaux d’urgence à 70.000 francs par logement, 1 tiers de rénovation lourde sur les bâtiments à 120.000 francs par logement et puis il y aura un dernier tiers qui sera de la démolition … évidemment sans fixer l’échéance véritable de tout ça.
Ça c’était donc le rôle de Bernard Barre, le rôle très important de l’urbaniste qui poussait le Maire.