Architectes et urbanistes | 1970 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Politique publique d’industrialisation du logement
Extrait d’entretien
 
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)

Il y avait la politique des modèles innovation qui était l’idée d’avoir du logement industrialisé, donc d’assurer aux industriels des grandes séries de 2 000, 3 000, 4 000 voire 10 000 logements et de répartir ces modèles d’innovation sur l’ensemble du territoire : donc vous trouvez exactement le même modèle industrialisé à Lille, à Marseille, à Strasbourg, à Bordeaux et on remplissait les ZUP avec ces collections d’objets et de modèles architecturaux : un collage insipide qui était sensé produire de la variété !!

Les années de plomb ! Notre travail s’inscrivait dans cette réponse à la politique de l’époque sur l’idée d’un modèle industrialisé et d’assurer à la grande industrie, à la grande entreprise de très grandes séries, mais la réponse était évidemment “toute différente” et on était tout à fait contre ça, en disant que les choses devaient être d’abord contextuelles dans la ville, qu’on devait beaucoup plus faire appel à la question de la qualité qu’à celle de la quantité, enfin il y avait tous ces éléments-là. On avait répondu à des modèles innovation en l’appelant “modèle écolo” (c’est assez rigolo, parce qu’il y avait déjà ce concept, enfin l’écologie est quand même née en ’68), mais pas encore une réponse à la question de la qualité urbaine. Donc, un modèle répétitif de maisons en bande, face à face, étroites avec un patio central, inspiré des row-houses de Philadelphie.