Architectes et urbanistes | 1969 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Tabula rasa
Extrait d’entretien
 
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
Ban, la tabula rasa elle a été dramatique dans le bâti ancien des villes dans le cadre de la rénovation urbaine, donc issue de la guerre, j’ai fait des cours la dessus donc…la guerre a crée la tabula rasa – ça vient de là – donc sur cette dynamique des démolitions de guerre les architectes modernes on ont profité pour continuer à démolir les quartiers sur lesquels mettaient l’étiquette « insalubre » alors qu’en réalité les quartiers anciens étaient relativement plus facile de les réhabiliter que de réhabiliter des quartiers d’habitat social mal construits. Et donc effectivement la tabula rasa sur …moi je n’aurais rien eu contre une tabula rasa extrêmement radicale sur le bâti des grands ensembles, c’est des bâtis sans qualités et donc moi j’étais aussi un des premiers à lancer à un moment donné la notion avec l’Ifa, de voir les grands ensembles sous l’angle de la patrimonialisation, de dire : il y a un très petit nombre de grands ensembles qui méritent le qualificatif de patrimoine…il y a eu quelques très bons architectes, aillaud, Pouilhon, Dubuisson, peut être ça représente 5% de la production des grands ensembles, 10% disons, mais tout le reste était essentiellement de la production industrialisée de basse qualité qui correspondait à l’urgence de la construction de l’après-guerre donc là il n’y a pas de … ça ça interroge beaucoup les anthropologues et les sociologues, on a fait beaucoup de colloques la dessus en disant « oui, mais vous comprenez, le patrimoine c’est les gens : c’est parce que les gens se sont approprié de ces grands ensembles que tout d’un coup elles vont faire partie du patrimoine » alors le Ministère de la Culture, entre dans cette logique, je suis assez en désaccord avec cette position là ; le patrimoine c’est le patrimoine bâti en fonction de critères essentiellement architecturaux : ce n’est pas un patrimoine immatériel, ce n’est du patrimoine parce que j’y ai passé mon enfance. Je pense que là il y a un abus, une grande démagogie de la part de beaucoup d’équipes, de socio anthropologues qui viennent là comme des espèces de roues de secours ou d’alibi pour soit accélérer soit freiner les mouvements de démolition. Non, la tabula rasa dans ce sens-là, surtout sur les grands ensembles, ne me choque pas du tout ; je l’ai dit depuis le début et je continue à penser que c’est de plus en plus…non, la réponse ne correspond pas à ce que tu… ?