Remise en question du mouvement moderne
Extrait d’entretien
François Laisney, architecte-urbaniste-chercheur
Lauréat, avec l’équipe de l’APRAH, du concours d’intégration des 4000 dans la ville (1982)
Les grands ensembles c’est la construction du logement sociale de l’après-guerre. J’ai fait mes études à partir de 1962 à l’Ecole des Beaux Arts et les transformations commencent dans l’enseignement avant ’68 et, quand on a fait une scission, avec un atelier expérimental en dehors du système “beaux arts” avec Bernard Huet, je me souviens très bien qu’on avait fait des études justement d’analyse urbaine sur la cité des 3000, à Aulnay, en essayant d’y appliquer les méthodes de Kevin Lynch. Parce que ce qu’on voyait le début de la crise des grands ensembles qui n’étaient pas encore achevés, certains étaient encore en construction, et effectivement il y avait tout un intérêt des jeunes architectes à aller voir concrètement ce phénomène de la construction des grands ensembles ; et comme ils étaient tous neufs évidemment ce qu’on y repérait en premier c’était cette étrange conception d’application du mot “moderne”, on ne comprenait pas pourquoi ils n’étaient pas vraiment construits disons dans de manière plus traditionnelle, plus « urbaine », on remarquait cette lacune.
Donc la méthode de Kevin Lynch c’était de dire “il y a un manque de repères, de chemins, de noeuds et donc on avait essayé de faire une analyse et puis des propositions déjà théoriques de réhabilitation, ça c’était en 1966 en tant qu’étudiants.