L’architecture est un métier de transformation (2)
Extrait d’entretien
Paul Chemetov, architecte
Lauréat du concours du quartier de la tour (1996)
Vous ne pouvez pas vous installer hors du temps surtout dans des domaines qui sont la ville, qui sont des formations de temps longs ! Les types qui pensent que la ville est un kleenex jetable sont nombreux : vous n’avez qu’à voir la cité dite « manifeste » à Mulhouse (2005). Avec les meilleures intentions du monde c’est périssable ! c’est ça qui ne va pas, la ville ce n’est pas périssable.
Souvent la question de la durée n’est pas posée ; la durée ça donne de l’aggloméré des artefacts : dans la durée se promènent des tas de choses, des représentations, des fragments de phrases, des bruits divers, des choses qui restent, des visions.
Quand vous voyez une brique vous voyez toutes les briques, tout ce que vous avez vu comme briques dans votre monde : les premiers reportages, les photos d’Alger, la peinture hollandaise…il y a un espace de champs sémantique absolument fabuleux sur le mot brique. C’est ça qu’on manipule dans l’architecture.