C’est une question de rythme
Extrait d’entretien
Bernard Barre - Responsable service Urbanisme de La Courneuve de 1974 à 2005.
À partir de 2005 : Plaine Commune, département développement urbain et social secteur « La Courneuve »
A la fois nous la durée on l’a intégrée comme étant nécessaire, et en même temps démolir Balzac aujourd’hui alors qu’on vient de le réhabiliter, c’est peut être des rythmes de renouvellement qui sont beaucoup trop rapides et beaucoup trop brutaux, ceci dit c’est vrai, au départ, dès 83 on avait dit il y a des travaux d’urgence, mais on commence tout de suite la réhabilitation lourde de Villon, il faut tenir tous les termes, l’urgence mais en même temps montrer aux gens que c’est pas ça qu’on veut faire, c’est pas le projet d’urgence, c’est Villon, c’est la réhabilitation lourde, on désosse les façades, on rattache au logement l’espace extérieure qu’il n’y avait pas, on en profite pour agrandir les cuisines, c’est la nouvelle peau en brique, c’est la façon Aprah, peu importe, c’était la cité couscous, ça devenait couscous royale, c’est les gens qui l’ont dit.
On voulait éviter l’opération rouge à lèvre et bas résilles, on fait les devant de porte et on s’en va. Donc il faut faire des opérations exemplaires et garder un rythme soutenu. Entre les travaux d’urgence où il fallait aller vite parce qu’il (Mitterand) était venu en hélicoptère et la réhabilitation lourde de Villon, je crois que c’est en 87 que ça a commencé. Alors j’ai fait les photos de tous les halls qu’on avait refait et qui étaient cassés à nouveau. Effectivement les gens ne comprenaient pas, on a annoncé un grand projet et puis on fait un petit ménage et puis on s’en va. Mais c’est vrai que tout ça ça prend du temps, c’est des projets qui sont long à mettre en oeuvre, les relogements c’est pas facile, on a démolit Debussy en 86 et moi j’habitait rue saint just en 86, on a démolit Renoir en 2000 et y a personne encore en 2007. C’est vrai que ce rythme est une vrai vrai question, c’est très, très long, c’est vrai que …
Par exemple aux 4000 nord, on a fait une réhabilitation, peut-être un peu moins lourde qu’ailleurs, mais le sol il a été laissé en état, le sol n’a pas été traité, et c’est une catastrophe. Alors on disait pour se justifier, la ville a besoin de temps, la durée ça fait partie du projet urbain, ceci dit là il y a une urgence sociale et c’est vrai que ces durées sont incompréhensibles. Si on ne sait pas gérer l’entre-deux, heu… alors ça c’est peut-être un des arguments forts de l’Anru, c’est-à-dire, on va foutre le paquet de pognon pour aller plus vite, mais ceci dit j’attends de voir.