La carotte pour la démolition
Extrait d’entretien
Bernard Barre - Responsable service Urbanisme de La Courneuve de 1974 à 2005.
À partir de 2005 : Plaine Commune, département développement urbain et social secteur « La Courneuve »
non Balzac ça c’est une connerie. Je suis furieux qu’on démolisse Balzac, ça c’est la, ça c’est vraiment l’Anru dans toute sa splendeur – la carotte pour la démolition. La droite qui reprend le vocabulaire de la rénovation urbaine justement celui qu’on avait abandonné, après les grandes opérations de Rénovations à paris. Avec balzac on mort le trait, là on démolit pour faire la guerre aux gens. C’est pas pour résoudre des problèmes urbains ou des problèmes de logements. Là il y a des logements, des familles qui ont des logements magnifiques après réhabilitation, j’ai les tableaux des surfaces, personnes ne peut plus construire des logements avec cette taille de logement et de chambre, avec des endroits où les gosses peuvent faire leur devoir, accueillir ces copains pour dormir, proche du centre, la gare est à deux pas, on voit tout Paris, on n’est pas dépossédés du territoire, on a un territoire de grande dimension, on voit Montmartre, on le touche presque des doigts. Et on va foutre ça en l’air parce qu’on a pas pu résoudre le problème de 10 merdeux qui pourrissent la vie de tout le monde, alors la république s’arroge le droit d’ingérence en côte d’ivoire mais là elle a la trouille, elle y va pas. Je dis non attendez. Quand on a réhabilité Balzac je leur ai dit écoute, voilà, on va mettre 57 millions là dedans, donc il y avait à l’époque 5 – 6 familles maximum qui étaient inaptes à vivre dans un collectif comme ça bon, et qui pourrissaient la vie de tout le monde, les gens nous disaient : ça sert à rien ce que vous faites, vous êtes sympa tout ça, vous allez faire des trucs bien,mais on s’en fout ça sert à rien, tant que vous n’aurez pas résolu ça. Je disais aux élus à l’époque, au lieu de 57 millions on en met 60, avec les 3 millions en plus on achète 6 pavillons, n’importe où, on leur donne, on leur donne, mais on les sort de là.
On a même construit dans les bâtiments de Catherine Furet des logements spécifiques, des grands 5 pièces, en rez-de-chaussée, sans partie commune où on accède directement de la rue. La coursive au-dessus ça marche très bien, j’ai habité en face pendant 5 ans c’était super. On n’a pas su résoudre ce problème des quelques familles, alors tout le monde balise après, mais enfin merde quand même. Alors on va faire payer à 300 familles qui habitent là, qui ont des logements grands, qu’elles peuvent se payer parce que les loyers sont amortis, que c’est pas trop cher. Il y a des éléments d’inconfort, c’est vrai, la dalle de 16, le bruit, mais dans tous les logements anciens, le bruit on l’a. ils ont paris, ils ont… et on va les foutre dehors. Alors qui c’est qui gagne, c’est les enfoirés qui habitent la cage machin qui gagnent ? c’est eux qui ont gagné, ils vont se faire virer pour être entassés dans des logements qui sont plus petits et ras du sol et qui en plus ils ne pourront pas se les payer, ou ils auront des dettes de loyer. Mais, mais c’est monstrueux, ça là, là, c’est la première fois qu’on mord le trait sur la démolition.