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Transformations : Face à une dégradation progressive, abandon ou résistance ?
extrait d’entretien
 
M. et Mme Gonzales, 5 enfants, retraité (ancien chauffeur-routier)
Parcours résidentiel : Algérie> Châtellerault> La Courneuve 4000 (Balzac)

M : Et après, ça s’est dégradé à grande vitesse quand l’Office a repris le .. pour un franc symbolique !

— C’était dans les années 80 ?
M : Oui, c’était en 84, 85 , quand Mitterand est venu ici voir. Et là, c’était vraiment la débâcle. Ca se dégradait de plus en plus. Les voisins partaient, se décourageaient.. On voyait les gens partir.

— Les gens se sont découragés selon vous ?
Mme : Oui, ils en avaient marre, ils avaient peur.
M : Oui. Parce que les gens ont vu que ça se dégradait et que la direction de l’Office ne faisait rien et le Maire non plus ! Faut dire les choses comme on le sent bon ! Alors nous, on s’est dit qu’est-ce qu’on fait ? Bon, on abandonne ? Et bien, on n’a pas abandonné parce que moi j’avais déjà mon travail. Bon moi j’ai dit non, ça va se tasser, ça va s’améliorer parce qu’il faut avoir de la patience dans la vie. Bon ça va se tasser, pensez vous, ça s’est dégradé de plus en plus parce qu’il y a eu des gens vraiment très négligents. Évidemment les gens sont partis, ils ont mis des gens un peu de partout. Quand vous mettez des gens qui travaillent, vous avez de l’argent qui rentre. Bon évidemment, c’est vrai qu’à cette époque-là, il y avait déjà du chômage. Mais moi, je dis toujours, quand on veut, on peut. Quand on ne travaille pas, il y a des aides. Mais quand on veut, on peut. Le loyer, il faut le payer, après il y a le reste. Mais si les gens, ils roulent avec des voitures extravagantes et qu’ils ne payent pas leur loyer, ça finit par faire un gouffre ! Du coup, la ville de La Courneuve s’est retrouvée avec un déficit énorme ! C’est bien de faire du social, je ne suis pas contre mais il faut savoir ce qui est social.

— C’est-à-dire qu’ils ont mis des gens qui n’étaient pas solvables ?
M : Ben en plus, ils cassaient, ils volaient, ils ne payaient pas leur loyer. Et puis, c’était mal géré aussi !

— Alors vous, comment vous avez fait pour résister d’une certaine manière ?
Mme : Parce qu’on aime beaucoup La Courneuve, on a nos enfants qui sont nés ici, nos enfants ont grandi ici hein, moi j’aime beaucoup ma cité, on avait des voisins très gentils et tout.
M : Parce que après on s’est dit, qu’est-ce qu’on peut faire ? On ne peut rien faire. Même si des fois, on leur faisait des petites remontrances de temps en temps, pour faire passer le message ... Ça partait de tous les côtés. Je parle des jeunes et des moins jeunes.