Arriver à/ Partir des 4000 : Au pire, ça fait partie de mon patrimoine
extrait d’entretien
Laure, 45 ans, 2 enfants, Journaliste,
Parcours résidentiel : La Courneuve 4000 (F. Villon) > Paris 10è
Mes parents, eux je pense que leur quotidien n’a pas été plus perturbé que ça. Ils sont partis à un moment parce que mon père, lui c’était l’accession à la propriété, plus qu’autre chose mais il n’a jamais eu aucun souci. Ils trouvaient que les appartements étaient très biens, très fonctionnels.(..)Donc après il a acheté un appartement à la Porte de Paris. Ma mère a plutôt de bons souvenirs que de mauvais souvenirs des 4000, de ses copines, d’aller boire le café chez les voisines, de partager des souvenirs d’expatriés qui venaient ou d’Algérie ou de Tunisie, de partager son monde ! De toute façon, quand elle parle des 4000, elle dit « qu’est-ce que c’était bien les 4000 ! ». Même quand elle en est partie, elle n’a pas fui, nous, non plus ! Nous les adolescents, jeunes adultes, on était ravis. Moi, j’étais étudiante, je voyais trop de malheurs, je voulais partir de ce truc-là et j’aspirais à Paris, à la capitale. Tu vois, moi le côté banlieusard, je l’ai pris une fois que j’en suis sortie. Avant je ne l’avais pas, mais c’est une fois que tu es à l’extérieur que.. même maintenant ! Des fois quand je dis, quand on me parle, tu te souviens de la Courneuve, tout de suite, les gens.. oui, je dis des 4000 de la Courneuve. Moi dans mon boulot je passe mon temps à vérifier, le nez dans les encyclopédies et dans le Robert, pour la définition du mot cité. Même dans le Robert, la cité des 4000 est citée en exemple. Donc voilà , où que je regarde, même dans le Robert, une cité c’est quoi ? Le symbole de la cité, c’est les 4000 !
Au pire, ça fait partie de mon patrimoine, donc voilà, je viens des 4000 et maintenant je suis une bobo comme les autres et j’en connais plein qui sont devenus des bobos et voilà.