| Habitants | 1981 |
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— Tu me parlais de ce panorama sur la ville et j’imagine que ça peut compter dans le fait d’être chez soi, que de pouvoir avoir la vue sur l’extérieur ?
Oui et bien, heureusement, parce que si on avait eu un vis-à-vis, genre mur comme on a dans les appartements dans Paris, je ne sais pas si ça aurait été facile de vivre dans ces conditions. Non là, on avait vraiment une perspective assez monumentale, c’est comme mon frère qui est au Mail, dans son appartement, il a une perspective de vision qui est assez immense, donc il n’y a pas de cloison devant toi, c’est assez dégagé ! De ce point de vue, c’est assez sympa parce que le fait d’avoir un vis à vis, (..) si on avait eu des vis à vis, des murs, on aurait commencé à cocher comme dans les prisons.
— Est-ce que tu avais l’impression d’être vu aussi par les autres ? Tu ne te sentais pas observé ?
Peut-être que les gens nous regardaient mais bon .. moi, je regardais les gens donc eux aussi sûrement mais les immeubles étaient assez éloignés donc, c’était vraiment des petites silhouettes. Non je ne me sentais pas regardé, parce que, en plus les fenêtres, de l’extérieur, on ne voit pas, c’était vraiment un mur de béton qui montait jusque-là et donc, il fallait qu’on se mette à la fenêtre avec la tête qui dépassait. Non moi, ça ne me gênait pas, il fallait vraiment que je regarde à l’extérieur que je vois ce qui se passait à l’extérieur, j’adorais. En plus, j’ai des petits images qui me reviennent. Quand j’étais très très jeune, je me rappelle c’était en été, surtout quand il y avait du soleil. Je faisais la sieste, il y avait les rideaux fermés, avec du soleil, et il y avait des projections de rayons, on avait l’impression que l’image du sol se projetait au plafond. On voyait des gens bouger, des petites voitures et tout ! Et moi je regardais à l’extérieur mais en regardant au plafond. C’était assez marrant, surtout quand il faisait beau et sur le rebord, on avait une petite animation sans bouger de son lit. C’est le seul souvenir agréable que je garde vraiment de.. la cité, enfin de la globalité.