| Habitants | 1968 |
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Dans les souvenirs que j’ai, les cages d’escalier n’ont jamais été par numéro mais par lettre parce que quand j’étais petite, il y avait à Renoir, il y avait ce qu’on appelait la bande du F et la bande à Bonnot, c’était du même genre ! J’ai mis du temps, petite, à me dire, mais c’est où la bande du F ? C’était la bande du F de Renoir qui avait l’air vraiment une bande de tueurs.
— Il y avait vraiment des bandes, parce que j’ai des discours très contradictoires là-dessus ?
Oui, et bien je vais l’être aussi parce que je ne me souviens pas qu’il y en avait tant que ça. Il y avait un moment où je fréquentais, je traînais avec des gens qui étaient d’Alfred de Musset et de Ravel, donc même secteur, mais ils étaient très copains en affaire on va dire avec des mecs de Verlaine. Donc il y avait ce côté-là et puis il y avait aussi le fait que très souvent, il y avait des liens de parenté, très souvent ils étaient au moins cousins, dans les familles maghrébines qui étaient énormes, il y avait souvent des liens de parenté. Mais des bandes, je ne peux pas parler de bandes. Ou si on peut parler de bande, c’était plus par génération, les copains de mon frère n’étaient pas mes copains. Mais non, bande non je ne pense pas. Il y avait des figures notoires, des familles. Ah cette famille et derrière la famille il y avait tout un pan de copains mais le mot bande, non tu vois, pas de bande pour moi.
— C’était plus en terme de réseau de relations ?
Après, ça s’est fait par quartier, c’est normal, tu vas plus facilement vers celui qui habite dans ta cage d’escalier qui est à côté que celui qui est à l’autre bout de la cité.