La dimension territoriale
extrait d’entretien
Linda Leblanc, paysagiste, Etude de la conception d’ensemble des espaces extérieurs des « 4’000 » (1984-1985), réalisation de la place du Château d’Eau (1986) et du jardin de l’Orme Seul (1996)
Nous étions plus dans une pensée à l’échelle du territoire, de la géographie, le vocabulaire de « placette », on pensait que c’était pas la solution (je dis on parce qu’on était quand même plusieurs à penser comme ça) parce qu’en fait ce vocabulaire était nostalgique de la ville ancienne, de la ville moyen-âgeuse et qu’il y avait une nouvelle dimension à trouver, un nouveau vocabulaire à trouver dans l’espace moderne. Donc la « génération Corajoud » puisqu’on s’appelait comme ça, c’était une génération qui s’occupait effectivement des espaces publics, mais en essayant de trouver de nouvelles formes… Par exemple, pour la place du Château d’Eau, le projet était très simple : c’était garder une surface plane qui puisse accueillir des spectacles, des rencontres, des terrasses de café, etc. Faire bien sentir la géographie par ces emmarchements, puis qu’elle soit un peu en pente vers l’intérieur pour que malgré tout il y ait une intériorité à l’espace public. L’autre enjeu fort de cet espace, c’était de faire solide et puis l’échelle donnée par ce grand banc. Ce n’était pas faire une petite placette à l’échelle humaine pour faire lutter contre « l’inhumanité » de la cité, mais de faire un espace qui soit aussi à l’échelle de la cité. Donc, ce grand banc reprend l’échelle monumentale de la cité.