Phasage de projet et appropriation de l’espace
extrait d’entretien
Philippe Hamelin, paysagiste, conception espaces verts quartier des Clos 2003-2009
Le phasage est un peu compliqué, parce qu’on a l’impression d’une immensité, mais dès qu’on commence à construire un bout de rue, très vite on va se marcher sur les pieds. On ne le dit jamais assez, il faut penser le projet avec le phasage, parce qu’on s’aperçoit que le phasage peut être utilisé pour renforcer la logique urbaine qu’on voulait mettre en œuvre. On ne commence pas par un bout qui n’a aucun intérêt, alors qu’il faut commencer par la structuration de l’espace public et le faire tout de suite. Il faut faire les espaces qui sont au plus près des gens, pour qu’ils ne se sentent pas dépossédés de ce qui les entoure. Et ce façonnage fasse partie de la même lecture que celle de l’espace urbain. Il ne faudrait pas qu’on fasse ce qui est le moins important et que si pour des problèmes d’argent on ne peut pas construire le reste, on perde tout le projet. Cela arrive ! Sur cinq, six ans, on s’aperçoit que si on n’oriente pas le phasage on se retrouve à ne pas faire ce qui était essentiel, vous pouvez mettre de l’argent sur des choses anodines, alors qu’on aurait pu le mettre sur des choses importantes même si elles sont les moins chères !