Paysagistes | 2003 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Démolition et terrorisme social
extrait d’entretien
 
Philippe Hamelin, paysagiste, conception espaces verts du quartier des Clos 2003-2009
C’est vrai qu’on n’était pas là pour préserver, mais le fait de totalement imploser comme ça… Par exemple, on pensait qu’il aurait été mieux de déconstruire, petit à petit. Le deuil se serait fait de manière plus cohérente, plutôt qu’une implosion violente comme si c’était un coup de fusil sur quelqu’un ! (…) Au début Bernard Paurd ne voulait pas répondre à cet appel d’offre. Nous n’étions pas favorables à ce type de démolition, au fait de tout démolir. Il y travaille depuis plus de vingt ans ! Il a quand même qualifié avec Patrick Germe une des grandes barres au sud avec les grandes fenêtres. Il était donc plus dans une logique de réhabilitation. Lorsque nous sommes arrivés en 2003, c’était deux ans après l’attentat du 11 septembre ! Nous avons demandé à notre maître d’ouvrage en arrivant pourquoi avoir choisi la démolition par implosion ? Ce qu’on critique chez les terroristes qui démolissent par explosion un bâtiment, nous on va le faire de la même manière avec des gens qui vivaient dedans juste avant. On va exploser un bâtiment ! Le fait de l’exploser, c’était vraiment une annulation totale, du dynamitage, du terrorisme presque social. Je ne sais pas si vous voyez.