Débats | 1981 Conserver cet article en favori fermer cet article
 
Haut-du-lièvre, Nancy, France
Architecte :Bernard Zehrfuss, 1e Réhabilitation Alain Sarfati, 2e Réhabilitation Alexandre Chemetoff
Nombre de logements : 3388 logements,
 
Projet 1957, construction 1958-1971, 1ère réhabilitation 1981-1988, 2ème réhabilitation 2005-2010

Parce qu’une génération d’acteurs, à la fracture des années modernes, tourna le dos à la ville et plaça tous ses espoirs dans un urbanisme qui se voulait une négation, justement de la ville historique de cette idéologie, le Haut-du-Lièvre fut un symbole : positif d’abord, la plus grande barre de France, puis négatif, rejoignant les premiers au palmarès de l’échec des Grands Ensembles. C’est le poids de la modernité, de la pureté, de la précision technique, de l’unité de l’œuvre, de la nécessité du minimalisme : rien de trop, une barre, un point c’est tout. Et c’est beau… oui c’est beau vu de loin, ou en maquette. La force, le culot sont payants, le parti est clair précis… Si l’on a deux barres c’est l’euphorie, « l’espace », le miracle de l’architecture, qui n’a plus besoin de se justifier par le chemin de grue ou des considérations économiques, il y a une beauté intrinsèque, une violence indispensable, une évidence absolue. […] 20 000m2 de façades à contemplé, c’est rare, c’est angoissant, c’est écrasant. Contradictoire notre impression lointaine et notre perception approchée. L’immeuble comprend dix cages d’escaliers. Chaque cage d’escalier regroupe 100 logements. Un bâtiment pour 1000 logements, il ne faut pas s’étonner d’un certain nombre de problèmes qui auront concouru à la dégradation du lieu.

- Alain Sarfati, « Nancy par Alain Sarfati », Architecture Intérieure, N°224, juin/juillet, 1988, pp. 100-107

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