Projet 1972-1974, Construction 1975-1982, Occupation illégale du quatrième étage 1983, Projet de réhabilitation « Imaginer Corviale » 2004-2005
Le Corviale n’était pas le plus grand immeuble du monde. […] Mais le Corviale était le plus radical, en tout cas sans rival dans le monde démocratique. […] Et 1246 logements, c’est bien moins que les 4 000 de La Courneuve, mais ce n’est déjà pas mal. […] C’était une sorte de Cité radieuse comme celle de Le Corbusier, mais à une échelle plus radicale encore, une grand trait dans la campagne de la périphérie sud de Rome qui constitue ici un plateau ondulé, avec de petites vallons, des pylônes électriques, des bouquets d’eucalyptus. L’ensemble devait intégrer église, centres commercial, culturel, social, sanitaire, scolaire, administratif et tutti quanti. C’était un immeuble long, qui voulait paraître long, étiré sur huit à dix niveau, avec des « rues » intérieurs ; l’une d’elles, perchée au quatrième étage, formait une sorte de surplomb dont l’ombre portée accentuait encore la linéarité. […] On l’appelle il Steccone, ce qui vient de stecca (« barre », « bout de bois », « manche »). Le gros bâton, quoi.
François Chaslin, « Le Corviale, un kilomètre ça use ! », Urbanisme, n. 326, sept.–oct. 2002, p. 28.
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