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La fermeture du centre commercial : du vivant au vide
Extrait d’entretien
 
Tahar, 31 ans, marié, un enfant, animateur socio-culturel et membre d’une association pour l’enfance et la jeunesse.
Parcours résidentiel : immeuble Maurice de Fontenay > Quatre Routes
Ici c’est vivant. Il se passe de choses. Il y a un court-métrage sur trois jeunes de La Courneuve qui a été fait récemment et le réalisateur, la première fois qu’il est venu, a dit : « Tiens, on parle des banlieues : pas de lien social, pas de ceci, pas de cela … je suis étonné ! Ici, je traverse et … Bonjour ! ça va ? Tout le monde se connaît et tout le monde se parle ! ». Il arrivait avec l’idée que personne ne se connaît, que personne ne se parle, que dans les quartiers il n’y a pas de vie sociale … et finalement il a vu qu’ici tout le monde se parle, se connaît, discute … Ici, ça a toujours été comme ça, j’ai grandi dans ce contexte. Après, il y a eu cette rupture … liée aussi au déclin du centre commercial : pas de centre commercial, pas de lieu de vie, pas de lieu de rencontre. Du coup, les gens peuvent se connaître, mais ne pas avoir à discuter. Et ça, ça a duré tout le temps où il n’y avait plus beaucoup de commerces, disons entre 98 et 2004. Sans le centre commercial, ça devenait assez désert. Les gens allaient faire leurs courses à Saint Denis, ou au Lider Price, derrière. Et finalement, ils ne se rencontraient pas. « Qui habite dans mon quartier ? Je ne sais pas ». Les commerces fonctionnent bien pour faire discuter les gens !