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Les publics de la bibliothèque John Lennon : permanences et changements de la famille
extrait d’entretien
 
Charlotte, 45 ans, célibataire, employée municipale
Parcours résidentiel : St Denis > Paris 10è

Notre public, il n’a pas (beaucoup) changé. Si, on n’a plus les familles nombreuses qu’on avait (avant), avec le petit frère qui venait avec la grande soeur. On a moins de fratries comme ça, bien qu’on en ait encore mais ils sont moins nombreux. On a moins de familles nombreuses. Bon on a toujours des enfants qui viennent seuls hein.. quand je dis seul, c’est sans parents (...)

Ils viennent pourquoi, parce qu’il fait chaud ou pour faire des recherches ?
Elles viennent travailler mais elles s’occupent des petits frères ou des petites soeurs, donc ils viennent à la bibliothèque parce que c’est le lieu où elles peuvent travailler avec des amis ou trouver des documents ou être en dehors de chez elles parce que les parents vont faire des courses. Parce que il ne faut pas se leurrer, on est un peu la garderie, parce que c’est un lieu gratuit, où ils savent qu’il y a du personnel qui peut aussi être là.(..) Donc à l’époque de Renoir, il y avait beaucoup de frères et soeurs qui venaient sans adulte, maintenant, il y en a moins. Mais il y a toujours ces cas où les petits sont confiés aux grands. Et il y a un désengagement des parents, en fait, où ce n’est pas la même culture, tout bonnement ! Où nous, on n’a pas cette même approche de la relation à l’enfant, en famille, donc les grandes soeurs ont beaucoup de responsabilités vis-à-vis des petits. On essaye de faire ce lien entre parent et enfant, en faisant des séances de conte, pour amener justement ce public de parents vers la bibliothèque, de ces femmes qui n’osent pas franchir la bibliothèque considérant que ce n’est pas pour les enfants et pas pour elles. Donc il y a tout un travail à faire là-dessus, qu’on essaye de faire aussi !