Les espaces peuvent-ils être autres que « verts » ?
Extrait de livre
Bruno Vayssière, historien de l’architecture
La « verdure » après 1956 prendra alors très vite des allures de « bouche-trou ». Puisqu’on fabrique de gigantesques espaces extérieurs, remplissons-les de taches arborescentes… un pas de plus et l’on parvient au « mythe de l’evergreen corbuséen » comme sur ce panneau du logis familial où il sert de fond de peinture sur laquelle se détache la barre en relief, le tout survolant un « bas-fond » pavillonnaire. (…) Il est certain que cette question de l’espace vert est d’autant plus critique qu’elle peut absorber à elle seule beaucoup de contradictions posées par l’objet « Grand Ensemble ». Le vœu pieu des « villes à la campagne » ne peut-il se résoudre par des blocs statistiques sur des surfaces vertes abstraites ?
Vayssière Bruno, Reconstruction-Déconstruction, Le hard French ou l’architecture des trente glorieuses, Paris, Picard, 1988, p. 239