Démolir pour désenclaver. Les barres comme frontières physiques et sociales
Extrait d’entretien
François, 41 ans, fonctionnaire, travaille dans les services de la petite enfance, Place Georges-Braque, entre 1990 et 1999
Parcour résidentiel : Nogeant-sur-Marne > Fontenay-sous-Bois > La Courneuve (Quatre Routes) > Montreuil (93)
D’après vous, les démolitions etaient nécessaires où il y avait une alternative ?
Mh… Bon, s’ils voulaient cibler sur la mixité sociale, s’ils voulaient désenclaver le quartier… Les barres figeaient un peu le quartier, elles faisaient vraiment une cité à part dans la ville, et physiquement, et pour le social. Parce que ça faisait comme une espèce de frontière, parce qu’il y en avait partout. Physiquement, ça faisait vraiment barrière, ça faisait un truc qui avait l’air d’être difficilement franchissable. Il fallait vraiment contourner pour sortir du quartier. Et socialement, ça allait avec. Il n’y avait pas de mixité dans le quartier, ça c’est clair. C’etait une population prolétaire, et encore ! (…) Des familles qui avaient deux SMIC, je les considérais comme « revenues moyennes », voire presque favorisées !