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Territoires : autour du parking Joliot-Curie, l’économie parallèle renforçait un sentiment de peur
 
François, 41 ans, fonctionnaire, travaille dans les services de la petite enfance, Place Georges-Braque, entre 1990 et 1999
Parcour résidentiel : Nogeant-sur-Marne > Fontenay-sous-Bois > La Courneuve (Quatre Routes) > Montreuil (93)
L’économie parallèle a foutu en l’air le quartier, l’a déstructuré. C’etait l’économie parallèle qui organisait le quartier comme il était à mon époque. C’était le trafic de stupéfiants, et donc des bagarres, des voitures brûlées, des cambriolages dans les voitures. Combien de fois des mamans et des papas ou des auxiliaires de la crèche se sont fait casser la voiture ! C’était hyper bien organisé : il y avait des vieux adolescents de 25-30 ans qui sont payés pour guetter, pour que les autres fassent leur trafic tranquillement. Il y avait des personnes qui étaient en bas de l’immeuble toute la journée, du matin au soir. Pour les cambriolages… quand une voiture rentrait dans le parking Joliot-Curie, s’il y avait quelque chose qui était en évidence et qui restait, il y avait une forte probabilité que la voiture soit cassée. (…) Tout ça renforçait un sentiment de peur chez les auxiliaires de la crèche. Elles sont des femmes, elles commencent de bonne heure, à sept heure, et en plein hiver il fait encore nuit. En hiver, il fait nuit aussi à sept heure moins quart, quand elles partent. Elles n’étaient pas rassurées. A un moment donné, elles commençaient a en avoir marre, elles menaçaient de quitter la crèche, d’aller travailler ailleurs.