| Décideurs | 1986 |
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« La démolition de Debussy, c’est de la tristesse, bien des vies s’y sont déroulées, des solidarités se sont développées jusque dans la tristesse. En effet, un bâtiment, un quartier, ce sont des murs plus ou moins beaux mais ce sont surtout les hommes, les femmes, les jeunes, les enfants qui l’habitent et le font vivre, on ne détruit pas cela sans un pincement de cœur. Mais, la démolition c’est aussi l’ouverture, l’espoir d’être mieux logé dans un quartier plus agréable. De l’extérieur, la démolition est souvent vécue avec satisfaction, elle viserait à faire disparaître quelque chose de nuisible d’où viendrait tout le mal. Non, le mal ne vient pas de Debussy, ni des 4000, le mal vient de la crise, du chômage, de la brutalité de la société. […] »
« Depuis mai 1964, les luttes et les initiatives se sont multipliées et développées dans la cité où le parti communiste est particulièrement actif et influent. Il faudrait un roman pour en donner l’étendue […] En 1965, pour isoler la cité tous les accès sont bouclés par des chaînes et des guérites, violente réaction de la population qui en obtient rapidement le retrait. En 1970, pour la première fois, la dévolution du grand ensemble est demandée en faveur de l’office départemental d’HLM de la Seine-Saint-Denis. Des négociations s’engagent mais les exigences financières de Paris les font échouer. C’est en 1971 que de premières propositions d’amélioration de la cité sont faites et obtenues. De 1975 à 1980 de multiples manifestations ont eu lieu […] Dans le bulletin municipal, le terme de rénovation est apparu en février 1975. Le 26 novembre 1976 un conseil municipal extraordinaire se tient dans la cité contre les saisies, pour le blocage des loyers et pour la rénovation. […] En février 1977, les communistes des 4000 organisent une consultation des habitants pour la grève des hausses de loyers, 1638 foyers participent au vote et 90% se prononcent pour Le 20 décembre 1980, à l’initiative de l’Amicale des locataires, la CNL, 2056 votants, 1980 refusent de payer le loyer de décembre, exigeant la rénovation, la sécurité, la diminution des loyers. En 1978, le grand ensemble était retenu dans le cadre du programme HVS […] A ma connaissance, le conseil d’administration de l’OPHLM de Paris n’a jamais approuvé ce dossier, ce qui n’est pas sans importance pour la suite. […] Devant les difficultés d’engager la rénovation avec l’office de la ville de Paris, le conseil municipal décide de demander le transfert de propriété à l’OPHLM de la Courneuve (1981). […] Après la victoire de la gauche en 1981, une commission nationale était crée, les 4000 étaient retenus, en 1983, avec 20 autres quartiers. […] Les premiers travaux d’urgence commençaient en octobre 1983. Pourquoi des travaux d’urgence ? Parce que l’état de la cité ne permettait pas d’attendre les délais nécessaires à la mise en œuvre de la rénovation lourde. […] C’est le 1er juillet 1984 qu’à lieu la dévolution à l’OPHLM de la Courneuve. […]
« La rénovation est le résultat de près de 20 années de luttes et de démarches, de la convergence de la volonté de la population, de ses organisations, et de celles des communistes et des élus communistes. »